mardi 17 juillet 2018

Les 70 ans de La Mutuelle La Mayotte.

Voici le programme de la journée du 14 Septembre 2018
où l'on fêtera les 70 ans de La Mutuelle La Mayotte :



Une rencontre avec les représentants du défenseur des droits.


Le 19 juin a eu lieu, à la Mayotte, une rencontre entre des enfants, des parents, des professionnels et l’équipe du défenseur des droits (plus d’infos en cliquant ICI), représenté par M Nicolas Blanc, pour une matinée d’échange autour des parcours et de l’évaluation des droits en ITEP.

Cette rencontre faisait écho à la participation de jeunes de la Mayotte, le jeudi précédent, à un rallye organisé dans le cadre du projet JADE (Jeune Ambassadeurs des Droits auprès des Enfants). Ce rallye proposait des questions pédagogiques abordant les droits de l’enfant autour de thématiques essentielles, guerre, expression, famille loisir et santé … « un jeu de cartes sur ce qu’on a le droit et pas le droit de faire » commente Noah, jeune modérateur de cette table ronde.

En préambule, M Blanc a tout d’abord rappelé l’indépendance de l’instance qu’est le défenseur des droits, notamment au regard des problématiques de droit en santé mentale.

Les parents présents ont eu l’occasion de pouvoir exprimer la manière dont ils vivent le parcours de leurs enfants, entre milieu ordinaire et institutions spécialisées, nous retenons de leur témoignage  :

« Je n’étais pas d’accord. A l’école, on manquait d’infos et d’explications. J’avais l’impression de ne pas avoir le choix. Mais avec le temps, l’encadrement à l’ITEP vient comme un soulagement, on prend du recul. »

« Au début, on est perdu dans un labyrinthe de sigles, on ne sait pas trop ce qui est fait ici. On a du mal à faire confiance. Mon enfant avait du mal à dire ce qu’il ressentait. »
Au fil des échanges, les parents pointent le manque de temps et d’information, et décrivent le manque de communication coordonnées avec les intervenant de l’éducation nationale « qui voient les choses et interviennent de loin. Il y a beaucoup d’acteurs, mais cela manque de liant à l’école ».

En ce qui concerne l’ITEP, ils disent : « J’ai l’impression de trop solliciter les équipes. Pour moi, même un rendez-vous téléphonique est important. Cela m’aide à savoir où on en est, et comment nous comporter. Nous aussi on a besoin d’encouragements pour progresser. »

Pour les parents, l’instruction scolaire est primordiale, avec une peur d’une prise de retard trop importante.

Puis les jeunes prennent la parole, sans langue de bois, et parlent des problèmes rencontrés en milieu ordinaire avant d’arriver à la Mayotte. Ils expriment aussi clairement que les adultes restent pour eux les référents primordiaux en matière d’accès au droit : infirmier, policier, éducateurs …

A la question « comment est-ce qu’on arrive ici ? », plusieurs points communs reviennent : bagarres, colère, exclusions à répétition, déscolarisation …  

 « Je me sentais bien à l’école, mais sans mon traitement, je me défoulais ».

« Quand je suis arrivé à la Mayotte, je l’ai vécu comme un renvoi, on ne m’a pas donné d’explication. Mais maintenant ça se passe bien entre le temps à la Mayotte et le collège. » 

«En apprenant à gérer nos émotions, on gagne en maturité. »

Les jeunes sont les premiers à questionner et à vouloir s’emparer du projet d’orientation :
« J’ai un projet, je ne suis pas là pour rien, ça compte l’orientation. »

« On fini par comprendre qu’être rejeté de l’école, ce n’est pas une maladie. »

Ces échanges ont permis à  M François Delacourt, directeur de la Mayotte, d’apporter des précisions concernant la durée du temps de parcours, et la volonté de favoriser l’inclusion en milieu ordinaire.

« En moyenne, nous accompagnons un enfant 3 ans. Mais en évitant les ruptures brutales, pour ne pas vivre les allers-retours ou l’orientation en ITEP comme un rejet. »    

Enfin, les enfants ont montré toute l’importance des dispositifs de pédagogie institutionnelle, en particulier les « ronds » qui permettent aux enfants et aux équipes de discuter ensemble de la vie du fonctionnement des groupes, mais aussi du rôle des délégués : « dire la vérité, associer les jeunes qui ne sont pas là tout le temps et montrer l’exemple ».

mardi 26 juin 2018

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #6 : LA CREATION D'UN EXTERNAT


Alors qu’au court des années 60 La Mayotte atteint un certain équilibre, les idées concernant l’accueil des enfants en difficulté évoluent. L’internat reste un outil d’accompagnement tout à fait adapté, mais des questions émergent : Séparer l’enfant de sa famille est-il le meilleur moyen de le réconcilier avec celle-ci ? Comment depuis l’internat favoriser la réadaptation aux structures scolaires et professionnelles.

Dans ce contexte, l’idée d’un externat conçus pour faciliter la scolarité fait son chemin. La Mayotte possédant un parc suffisamment grand il devient naturel d’envisager sa construction à l’intention de la même catégorie d’enfants, recrutés dans un rayon de 20 km.

L’internat bénéficiera indirectement de cette création qui suppose une extension des locaux scolaire et la création de classe-ateliers permettant une première initiation professionnelle, des salles à manger, des bureaux, des logements. Il est également prévu de construire un gymnase et d’agrandir la cuisine.

Il est prévu d’accueillir dans ce nouvel établissement 80 enfants en internat et 120 en demi-internat, ce qui suppose une augmentation importante du personnel : Educateurs, enseignants, psychologues, médecins, personnel de service, personnel administratif. Un poste d’assistante sociale est également crée. Au total, pour environ 200 enfants, on compte 130 adultes.

La construction dure deux ans, de 1962 à 1964. Fernand Cortez et René Laborie jouent un rôle déterminant pour la création de ce nouveau dispositif et les porte de l’externat ouvrent en 1964.

La mutation de l’établissement et la mise en place d’une nouvelle organisation ajouté à l’augmentation du personnel conjugué aux réformes scolaires qui se mettent en place, correspondent à l’évolution pédagogique et thérapeutique et lors de ces années, encore et toujours la Mayotte s’adapte, se questionne, s’agrandie.

mardi 19 juin 2018

Les Albatros sur les routes du Val d’Oise.


Ils ont relevé le défi, ils sont repartis sur les routes pour la traditionnelle Ronde du Val d’Oise. Les Albatros, au retour de ce périple qui s’est tenu entre le 25 mai et le 2 juin nous racontent en images un moment d’effort et de partage. Des moments inoubliables.






lundi 11 juin 2018

Ouverture du PCPE La Mayotte – HEVEA.


En juin 2014, le rapport de Denis Piveteau intitulé « zéro sans solution » est initiateur de la RAPT : « Réponse Accompagnée Pour Tous ». Dans ce contexte, les Agences Régionales de Santé (ARS) ont lancé des appels à projets afin de créer pour chaque département un PCPE : Pôle de Compétences et Prestations Externalisées.

L’Association HEVEA et La Mutuelle La Mayotte portent conjointement la mise en place de celui du Val d’Oise, principalement localisé sur le site de Montlignon. Le PCPE est organisé d’une équipe de deux éducatrices spécialisées Laurence et Elsa, d’une infirmière Salomé, d’une psychologue Leslie et d’une secrétaire Noémie, encadrées par le coordinateur du pôle Salim Berradi. Il sera ouvert 262 jours par an avec une amplitude horaire de 8h à 20h en semaine et de 8h à 15h le samedi. Le Pôle pourra accompagner jusqu’à 40 personnes pendant une durée de 24 mois, toujours dans l’objectif d’atteindre l’orientation cible de la MDPH. Celle-ci se définissant par l’orientation notifiée par l’équipe du service d’évaluation de la MDPH mais qui n’est pas effective.

Le PCPE a vocation à répondre à des situations critiques et/ou en rupture d’accompagnement. Le dispositif ne propose pas d’accompagnement pérenne mais plutôt des prestations directes à l’enfant ou l’adulte en situation de handicap, dans l’attente de la réalisation de l’orientation cible de la MDPH. Les ambitions  sont centrées sur la mise en œuvre renforcée du Projet d’Accompagnement Global avec l’intervention coordonnée des professionnels du PCPE, des partenaires et des professionnels d’exercice libéral. Pour les situations complexes, le besoin de mettre en œuvre une réponse ad hoc mixant les dispositifs de façon à ce que chacun offre une partie de la réponse. Pour les personnes inscrites sur liste d’attente, il est nécessaire de construire une réponse mobilisant différents dispositifs dans l’attente de l’admission cible par un partenaire.  

Nos principaux objectifs pourront être de soutenir des interventions déjà existantes, de maintenir à domicile dans une démarche d’inclusion, d’accompagner à domicile et/ou en institution, d’anticiper et prévenir les situations de rupture de parcours, de gérer les transitions, de soutenir et guider les familles, de renforcer et valoriser les savoir-faire des proches aidants. 

Plus concrètement, lors d’une situation complexe la CDAPH instruit et étudie la demande de la personne handicapée. La notification MDPH, lorsque cela est jugé pertinent, oriente vers le PCPE. Le coordinateur du Pôle prend contact pour contractualiser le début de l’accompagnement. Ainsi, l’équipe interdisciplinaire peut commencer son évaluation des besoins et construire un Projet Personnalisé d’Accompagnement (PPA) qui viendra formaliser les prestations mises en place. Il s’agira de proposer, directement ou grâce aux partenaires et professionnels libéraux, 2 à 3 actes par semaines par personne accompagnée. L’ouverture effective ayant eu lieu le 12 février 2018, les premières orientations officielles de la  MDPH ont eu lieu et les admissions sont en cours.

L'équipe du PCPE devant ses locaux sur le site de Montlignon.


mardi 5 juin 2018

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #5 : LE THERAPEUTIQUE


A revisiter l’histoire de La Mayotte telle que nous la relate Robert Commin, nous voyons que les grandes orientations de soins et d’accompagnement auprès des enfants, telles qu’elles sont développées actuellement, étaient en germe et explorées il y a de cela quelques décennies. Nous réalisons, entre autre, que l’aspect thérapeutique de la prise en charge, est déjà, à la fin des années 50, largement investi.

En 1959 viennent à la Mayotte : 2 psychiatres pour effectuer 6 vacations d’une ½ journée par semaine, 1 pédiatre, 2 psychomotriciens, 1 orthophoniste et 2 psychologues. Ils reçoivent les enfants individuellement ou en petit groupe pendant les heures de classe ou lors des activités manuelles ou physiques. Durant les années 50, les psychologues utilisent beaucoup les tests de niveau d’efficience, plus rarement des tests projectifs. Ils se défendent d’une interprétation seulement fondée sur le résultat chiffré. Ils analysent longuement l’attitude de l’enfant devant les taches proposées pour ensuite comparer les comportements à quelques mois d’intervalle. Les entretiens individuels proposés par le psychologue sont de deux types.  Aux entretiens de contrôle s’ajoutent pour quelques enfants des psychothérapies systématiques.

Il est également observé que beaucoup d’enfant souffrent de «dysfonctionnement de la réalisation motrice ».  La plupart bénéficient donc d’un suivi en psychomotricité. La séance s’adresse à de petits groupes de 4 ou 5 enfants et dure 45 minutes. Elle comporte des exercices variés : Relaxation, agilité, coordination, équilibre, représentation et structuration spatio-temporelle.

L’orthophonie est individuelle. Elle est proche du travail scolaire habituel. Elle permet de débloquer des situations complexes au niveau des apprentissages nécessitant une approche spécifique.

Le médecin pédiatre, quand à lui, joue un rôle important dans l’établissement, mais reste à l’écart de la vie collective. Il se réclame de la médecine constitutionnelle.  Il recherche les dysfonctionnements neuro-hormonaux, les retards de croissance, pour évaluer leur incidence dans la formation des troubles du comportement.

Le rôle et la place du médecin psychiatre sont importants, mais suscitent parfois de l’inquiétude auprès des enfants qui sont reçus à leur arrivée, puis 2 où trois fois au court de l’année. Il peut proposer à certains enfants des traitements médicamenteux. Les traitements sont discutés en réunion de synthèse. Réunion à laquelle assiste le pôle thérapeutique. C’est une instance interdisciplinaire.  Elle permet de verbaliser ce que chacun pense et observe d’un enfant.

Dans les années 60 La Mayotte est devenu ce lieu où toutes les personnes qui participent à l’éducation, la scolarité, la thérapie et la santé de l’enfant conjuguent leurs savoirs, leur savoir faire et leur expérience spécifique en fonction de leur champ d’action afin de lui proposer un panel varié de réponses visant essentiellement à l’aider.

En quinze ans, entre 1948 et 1963, une maison d’enfant destinée à héberger provisoirement des enfants victimes de la guerre s’est métamorphosé en centre de Rééducation Médico-Pédagogique à l’intention d’une population dont les caractéristiques se sont dégagées progressivement de l’expérience conjointe de tous les professionnels.

lundi 4 juin 2018

Journée de formation Inter ITEP.



Nos pratiques évoluent, le public change, la société se transforme. Il est important, voire même impératif, de rester innovant et de se tenir informé des courants et des approches nouvelles permettant l’accompagnement des enfants.

C’est dans cette mouvance que s’est tenu le 1er juin une journée d’étude regroupant les professionnels des ITEP de la MLM.  C’est au bas mot 150 professionnels qui se sont déplacé pour partager ce moment.

La matinée fut l’occasion d’entendre le Docteur Martinet, psychiatre, neurologue et pédiatre, nous exposer la pertinence et les différentes pistes de travail et d’analyses que proposent les neurosciences pour aborder les difficultés rencontrées par les jeunes en ITEP, tant en ce qui concerne les trouble de l’attention et du comportement, que pour tout ce qui touche à la scolarité.

Dr Martinet.

Le midi un magnifique buffet préparé par le personnel de la cuisine nous a permis de prendre des forces et de se retrouver autour de moments conviviaux.

Claire Revel, François Delacourt et Salim Berradi

L’après midi fut dévolu aux interventions de Marie-Laure, professeur de Shiatsu, et de Ryad, éducateur, qui anime une activité de Taî-so. Tous deux interviennent sur l’ITEP Paolo Freiré. Ils ont pu nous rendre compte de la pertinence de telles techniques auprès des enfants. Le Shiatsu étant une technique issue de la médecine japonaise mettant en avant des points de pression pouvant influer sur le corps et l’esprit, pour aider les jeunes à se sentir mieux, à s’apaiser et à terme à pouvoir l’utiliser eux-mêmes.


De belles expériences partagées qui feront certainement leur chemin dans l’évolution de nos approches et notre accueil.

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #4 :Vers une nouvelle organisation.


Dans les années 50 les grands travaux de La Mayotte battent leur plein. C’est une époque de transformation non seulement pour ce qui touche au site et à l’architecture, mais aussi pour tout ce qui concerne l’organisation générale. En effet en 1955, à la suite de l’édification du « pavillon des Aînés » l’effectif total atteint alors 79 enfants, il est important d’inventer de nouveaux outils.


C’est une nouvelle ère qui commence. La vie s’organise autour de quatre, puis de cinq groupes d’une quinzaine d’enfants. Garçons et filles sont placés sous la responsabilité d’un éducateur, d’une éducatrice et d’un instituteur ou d’une institutrice. Tout s’articule autour du groupe. Ainsi, la classe est, elle aussi, une activité de groupe. On peut dire qu’à cette époque le groupe classe et à la base du travail éducatif.

Les groupes sont constitués en septembre. Ils rassemblent des enfants du même âge et de niveaux scolaires comparables tout en tenant compte de leur développement personnel et de leur maturité affective et sociale. Chaque groupe mène donc une vie relativement autonome et met en avant un travail collectif qui s’appui sur des instances de réflexions et de régulation de l’organisation. Car il ne suffit pas de proposer des activités pour régler tous les problèmes relationnels que connaissent les enfants. Il est important que les enfants expriment ce qu’ils ressentent, ce qu’ils souhaitent. A cet effet est créé le Rond de Groupe. Il porte sur la vie collective et réuni tous les enfants avec éducateurs et instituteur une fois par semaine. On y organise la vie collective, on règle les différends, on évoque les moments graves.

Dans le même temps est crée la même instance au niveau institutionnel. C’est le Rond Général. Il vient répondre à la nécessité de la concertation et de l’harmonisation des actions qui se tiennent au sein de La Mayotte. Réunion hebdomadaire qui se tient le mardi soir de 21h à 23h. Elle regroupe tout le personnel éducatif et enseignant, l’infirmière, le directeur général et le directeur pédagogique. C’est une réunion informelle : chacun peut y prendre la parole et aborder les sujets qui le préoccupent. C’est le lieu où s’organisent les activités collectives, où se fixent les règles de la vie commune, où s’échangent les informations. Le rond reflète la vie de l’établissement.

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #3 :Les Grands TRAVAUX


Au début des années 50, les conditions sont réunies pour un bon fonctionnement. La situation juridique et administrative est clarifiée, le financement est assuré et les admissions correspondent aux moyens dont dispose l’IMP La Mayotte. L’établissement peut accueillir 62 enfants : 45 garçons et 17 filles.

Rapidement les locaux traduisent leur insuffisance. Ils ne correspondent ni aux normes de sécurité ni à l’agrément et le manque de place pour loger enfants comme adultes se fait cruellement sentir. Il faut repenser l’espace et l’aménager à la mesure des objectifs éducatifs et thérapeutiques défendus. C’est le début des grands travaux.

Dans un premier temps est édifié un «Pavillon des Aînés» comprenant une classe, une salle de séjour, des chambres et trois logements d’éducateurs. Quelques années plus tard deux pavillons jumeaux sont conçus pour loger chacun un groupe et l’éducateur responsable.

Le parc, lui aussi, connait de grandes transformations. Il est aménagé en plateau sportif proposant un terrain de hand-ball, un terrain de basket, un sautoir. Les routes sont goudronnées et des massifs plantés pour rehausser le vert des pelouses.

Le manque de places pour pratiquer les activités est lui aussi problématique. Est alors conçu un bâtiment de grande dimension dans lequel se trouve une salle permettant de réunir plus de cent personnes autour duquel gravitent des petites salles permettant de pratiquer diverses activités : Photographie, poterie, vannerie, modélisme, couture, cuisine.

Ce grand chantier n’est pas sans apporter son lot de désarrois et de découragements. Les travaux sont entamés, mais pourront-ils être financés jusqu’à leur achèvement ? Il n’est pas si simple de concilier les nouvelles conditions de vie et les besoins des enfants. Mais ce nouveau pari est relevé. Ces installations sont toujours présentes. Le Pavillon des Aînés est en cours de rénovation, la salle de Multi-activité porte à présent le nom de Salle Fernand Cortez et on y organise toujours les grandes fêtes et réunion emblématiques de la Mayotte. Les deux pavillons jumeaux accueillent les Albatros et les Korrigans.


mardi 10 avril 2018

Les Services Généraux de la Mayotte.


Depuis maintenant un an nous publions des articles sur les activités au sein de la MLM et sur les événements qui ponctuent sa vie. Il nous semblait important de rendre hommage à un des services les plus emblématiques du site de Montlignon, à savoir Les Services Généraux.

Les services généraux, ce sont 22 salariés, un service dense et très sollicité dans lequel œuvrent un grand nombre de corps de métiers. C’est un rouage indispensable et pourtant discret. Le service support essentiel. Il est partout et bien souvent on ne le voit pas, où alors seulement quand quelque chose dysfonctionne. C’est le ciment entre les briques pour que le mur tienne debout, c’est le sel dans le pain, c’est la fondation d’un édifice sans quoi rien ne pourrait être viable.

Juan chapeaute ce service qui est un fluidifiant au travail global des institutions. Il occupe ce poste depuis 2 ans et demi, sous la responsabilité, depuis septembre, de Mr Saccomano directeur de l’IME René Zazzo.

Concrètement, « les services généraux c’est tout ce qui fait support et accompagne le bon fonctionnement du site. Son action s’étend du réapprovisionnement du papier pour les imprimantes au gasoil.»

Il comprend,

Les Hommes d’entretien : Mohamed, Fabrice, Zinedine employé en CDI et trois emplois d’avenir : Grégorie, Maudelin, Massadio. Ils ont pour tache les travaux techniques ainsi que la livraison des repas et l’évacuation de déchets. Pour ce service le maitre mot est priorisation. S’ils sont quotidiennement occupés à des petites missions de réparations et d’entretien c’est la sécurité des enfants et des employés qui prime.

La cuisine, qui prépare les repas pour le site de Montlignon, avec Viviane, la chef cuisinière, Evelyne et Lotfi, les commis, Véronique et Hélène à la plonge et au service ainsi que Cécilia en contrat d’avenir.

Sans oublier Monique à l’économat, Claudine la lingère, Joëlle à l’accueil et les maîtresses de maisons des deux ITEP, à savoir, Corine et Corine, Stéphanie, Agnès, Gaelle et Sabrina.

Notons que Loïc, le palefrenier vient ponctuellement apporter son aide au service.

L’ensemble des professionnels du site œuvrent au bon accueil des enfants sur le site, la mission des services généraux n’est pas différente, même s’ils ne sont pas en contact direct avec les enfants, elle s’inscrit sur la même ligne.

Juan, responsable des Services Généraux. 


lundi 9 avril 2018

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #2 :L'INSTALLATION A MONTLIGNON.


L’installation à Montlignon :
La mise en place du triptyque : éducatif, psychologique, enseignement scolaire.

L’arrivée d’une nouvelle équipe à Montlignon n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’un projet esquissé au Coudray entre 1945 et 1947.

En janvier 1948, un groupe d’éducateurs, d’instituteurs et de personnel divers (Jardinier, lingère, home d’entretien, secrétaire) sous la direction de Fernand Cortez, prend la responsabilité d’une Maison d’Enfant gérée par l’Entraide Française.

Ce lieu ne s’appelle pas encore La Mayotte. Sur un parc de 12 hectares s’élève une grosse maison bourgeoise de style alsacien. C’est là que vont vivre 60 enfants.

Mais cette implantation ne va pas de soi, même si c’est un formidable pari qui est relevé. En effet, la guerre terminée, l’Entraide Française ne se justifie plus et il est impératif de trouver de nouveaux financements. La sécurité sociale se met en place et prend en charge certains établissements à dominante médicale, mais l’institution que Fernand Cortez met sur pied ne répond pas aux normes qui permettraient de solliciter un agrément comme établissement de soins.

La solution est trouvée par René Laborie qui s’efforce de regrouper les différentes sociétés de secours mutuels des entreprises de presse de la région parisienne afin de créer une grande mutuelle parisienne de la presse. La mutuelle créée devient propriétaire du site de Montlignon, qui prend alors le nom de La Mayotte et devient un Institut Médico-Pédagogique, répondant à des critères de recrutement et de fonctionnement précis. Les admissions découlent d’un certificat médical après examens dans le cadre d’une consultation médico-pédagogique.

Parallèlement, Fernand Cortez prend contact avec le professeur René Zazzo alors directeur du laboratoire de psychologie de l’enfant à l’hôpital Henri Roussel. La Mayotte commence donc à accueillir des enfants examinés lors de consultations sur cet hôpital. De plus, des médecins et des rééducateurs qui en dépendent acceptent des vacations pour y suivre les enfants.

Par ailleurs, la plupart des enfants ont des problèmes scolaires graves. Il est important de pouvoir leur offrir de bonnes conditions d’enseignement. Fernand Cortez obtient de l’Inspection Académique de Seine et Oise la création de postes d’instituteurs publics, ce qui permet de régulariser la situation des instituteurs qui travaillaient déjà dans l’établissement.

Le pavillon alsacien.

mardi 3 avril 2018

Un défi culinaire des Korrigans : les meilleurs Cookies du monde !


Le groupe des Korrigans s’est lancé la semaine dernière un grand défi : Réaliser une nouvelle recette de gâteau chaque semaine et cela pendant 6 semaines.
La semaine dernière ils réalisaient La Meilleure recette de Cookies.

Ils nous livrent les secrets d’une délicieuse préparation.

Ingrédients (pour 6 personnes ou 2 korrigans) :

- 1 œuf
- 85g de sucre
- 85g de beurre doux
- 150g de farine
- 100g de pépites de chocolat
- 1 sachet de sucre vanillé
- 1 cuillère à café de levure chimique
- ½ cuillère à café de sel

Les Korrigans nous rassurent, il s’agit d’une réalisation facile en 15mn pour une cuisson de 10mn.

Préparation :

- 1) Laissez ramollir le beurre à température ambiante. Dans un saladier, malaxez-le avec le sucre.
- 2) Ajouter l’œuf et le sucre vanillé.
- 3) Versez progressivement la farine, la levure chimique, le sel, les pépites de chocolat et mélangez bien.
- 4) Beurrez une plaque allant au four. A l’aide de deux cuillères à soupe ou avec les mains, formez des noix de pâte en les espaçant car elles s’étaleront à la cuisson.

Pour finir faire cuire 8 à 10mn à 180° ou thermostat 6. Il faut les sortir dès que les contours commencent à brunir.




Qualifications Equifun à l'ITEP Paulo Freire.




Trois enfants de l’ITEP Paulo Freire se sont présentés le dimanche 26 mars aux qualifications en Equifun et Dressage pour le championnat national d’équitation adapté. Ils sont tous les trois qualifiés dans les deux disciplines. Deux enfants en division 3 et un enfant en division 2. Un grand bravo aux champions et tous nos encouragements pour la suite de la compétition.




mardi 27 mars 2018

Feuilleton historique, Les 70 ans de La Mayotte #1 : Le Coudray.


La Mutuelle La Mayotte fêtera cette année ses 70 ans. Nous avons donc décidé de vous faire partager les grandes étapes historique de sa création et de son développement. 

Le feuilleton de la Mayotte s’appuie sur le témoignage écrit et précieux, rédigé par un de ses instituteurs pionniers, M René Laborie, dont un des établissement porte aujourd’hui le nom. 

La Mayotte à cette année 70 ans. C’est en 1948 que son histoire commence, mais comme pour tous les grands récits, il y a un avant. Il y a un autre lieu d’où tout s’origine: Le château de Coudray, près de Chinon, au cœur de la Touraine. C’est dans ce château du 15 ème siècle qu’entre 1945 et 1947 se dessinent les prémisses de ce qui deviendra, bien des années plus tard, la Mutuelle La Mayotte.

Une centaine de garçons et de filles y vivent, partagés en groupes mixtes de 20 à 30 enfants. Nous sommes alors à la sortie de la guerre et l’on s’efforce d’organiser une vie collective joyeuse et sereine dans cette Maison d’Enfant de l’Entraide Française où le climat reste difficile. Les instituteurs tentent de dispenser des enseignements scolaires qui ne s’appuient pas sur une école traditionnelle fortement critiquée et prônent davantage une «éducation nouvelle».

Mais l’isolement, le manque de formation et l’ignorance des situations des enfants deviennent des entraves. Le travail se fait trop loin des réalités sociales auxquelles les enfants vont être confrontés, il faut réagir, proposer autre chose. L’idée est de créer un établissement proche des familles et permettant des approches thérapeutiques variées, complétant une éducation, développant l’acquisition de l’autonomie ; tout cela se conjuguant à une scolarité permettant des retours en milieu ordinaire. Déjà, à cette époque, une réflexion est menée pour accompagner dans les meilleures conditions des enfants présentant des situations familiales complexes, des difficultés scolaires et des retards moteurs. C’est dans cette perspective que le jeune directeur du Coudray, Fernand Cortez, trouve le moyen de transférer une partie de l’équipe sur un autre site, situé en région parisienne: Montlignon.

A suivre …

On a pu dessiner notre rêve.


Un entretien avec Lili (17 ans), Christopher (17 ans), Aly (16 ans), Cassandra (16 ans), Romain (14 ans), Anthony (20 ans), Déborah (15 ans), Abdeldader (16 ans), Bakary (16 ans).

La section Pro de l’IMPRO a poursuivi cette année le travail entamé depuis deux ans, avec Lionel (http://broucklionel.wixsite.com/brouckenvrac) pour présenter une BD au concours Hippocampe dans le cadre du festival d’Angoulême.

Si l’année dernière ils avaient remporté l’Hippocampe d’Or, ce ne fût pas le cas cette fois-ci (leur BD a tout de même remporté le deuxième prix !). Mais ce fût l’occasion de réaliser un séjour d’une semaine qui culminait par une visite de deux jours au festival de la BD, séjour financé par le Groupe LOURMEL. Ils nous parlent ici de cette activité et de cette expérience inoubliable.

-Pouvez-vous nous présenter l’activité Bande dessinée ?

Christopher : On a pris un mois pour faire la bande dessinée.

Aly : Avec Lionel est venu le lundi et le mercredi. Lionel c’est le dessinateur qui vient nous aider.

Lili : Nous faisons deux bandes dessinées, en deux  groupes. Ce n’est pas la même histoire.

Aly : Il y deux histoires différentes. Dans la première il y a un astronaute.

Romain : La deuxième histoire c’est avec des super héros et on parle de notre envie.

Aly : Moi c’était Hulk. Il voulait tout casser.

Romain : On travaille sur «J’ai envie de… », c’est le sujet. C’est nos rêves aussi.

Christopher : Mon rêve c’est d’être Cow-Boy et de sauver mes amis.

-Pourquoi réalisez-vous cette Bande Dessinée?

Romain : C’est pour l’Hippocampe. C’est un concours.

Christopher : On a gagné l’an dernier.

Déborah : Nous n’avons pas gagné cette année, c’était triste.

Aly : Mais on a gagné une fois.

Anthony: C’est pas grave.

Lili : Mais on a encore envie de faire le concours.

-Vous apprenez  quoi dans cette activité ?

Aly: le dessin.

Lili : A colorier dans le bons sens et à faire toujours le même geste.

Romain : On prend des idées et si ça plait pas, on refait.

-Justement, ça fait quoi de créer, d’inventer des histoires ?

Lili : Il y a beaucoup d’émotions et on apprend.

Aly : Ca apprend pour plus tard.


-D’ailleurs vous faites des visites d’institutions pour préparer plus tard, pour l’avenir, pour trouver le métier que vous aimeriez faire, pour avoir des idées de stages. Vous avez des idées sur ce que vous aller faire plus tard ?

Romain : Moi j’aimerai aller dans une école ou on travaille aussi, où on fait de la cuisine.

Aly : Comédien, mais pas en ESAT.

Anthony : Pour moi c’est trop dur, j’y arriverai pas.

Romain : Moi, j’ai un rêve, footballeur professionnel.

Cassandra : Moi, je ne veux plus devenir toiletteuse… Je veux travailler à la Mayotte pour plier le linge.

Sandrine, l’enseignante, intervient : C’est parce qu’elle aime le shopping (rires). 

Déborah : Moi je veux faire coiffeuse.

Bakary : Le travail, pour moi, c’est quand je serai grand.

Christopher : Policier pour sauver les gens et les aider.

Abdelkader : Pompier pour sauver les gens et éteindre les feux.

Lili : Mon métier de rêve c’est médecin, mais c’est trop dur. J’aimerais faire les plantes.

-Cette année vous êtes allés à Angoulême. Pouvez-vous nous dire ce que vous avez fait là-bas et quels sont vos meilleurs souvenirs de ce séjour ?

Anthony : Se promener.

Bakary : L’exposition avec Garfield.

Lili : L’exposition Fairy Tail où il y avait le petit chat.

Aly : Le restaurant.

Romain : Moi, c’est le grec.

Abdelkader : Il y avait la grotte.

Anthony : et les stalactites.

Christopher : Le dessin au restaurant. Nos visages faits par Lionel.

-Cette activité vous a permis de réaliser énormément de choses, mais quoi en particulier ?

Lili : On a pu dessiner nos rêves.


-Vous poursuivez maintenant un travail en peinture pour réaliser des fresques et avez entamé une activité théâtre. Pourquoi le théâtre ?

Aly : On est acteur. C’est pour faire rire les gens.

Au retour de ce séjour ils se sont attelés à un projet d’envergure : La création d’un pôle culturel. Si la BD est délaissée pour un temps, cela n’empêche pas le groupe de poursuivre une activité en art graphique, toujours avec Lionel. Il s’agit de réaliser de grandes fresques qui à terme seront exposées à l’extérieur. Une manière de s’inspirer du rallye Street Art réalisé pendant le séjour et de créer des œuvres éphémères amenées à subir les affres du temps. Elles représentent les jeunes et la vie à la Mayotte, c'est-à-dire des personnes qui travaillent ici où des figures importantes, comme l’âne Fripouille, mélangés à des personnages de BD.

Le pôle culturel s’articule autour de plusieurs axes dont certains on déjà été explorés ou commencent à l’être: le travail sur la BD, Les fresques, mais aussi le théâtre et des sorties de groupes, qu’elles soient culturelles ou à visées professionnelles. Le but est d’appréhender dans ses différentes dimensions la présentation de soi, que ce soit à travers l’exposition d’œuvres produites ou d’un travail sur le corps. L’activité théâtre est pour cela tout à fait pertinente. Elle est encadrée par Laure, comédienne, metteur en scène et intervenante de l’Association « comme un Théâtre ». (http://www.commeuntheatre.com/metteursenscene.html).

Un film sera réalisé pour la fin de l’année. La pièce ne sera donc pas présentée physiquement aux familles, elle sera filmée. L’idée d’un film est venue à l’issue d’une projection vue au cinéma de Beaumont, film réalisé par le SAJH de Persan. Cela permettra d’évacuer le stress et dans un premier temps d’éviter le trac d’une représentation en public, tout en se mettant en scène pour raconter une histoire dont ils sont les auteurs. Dans cette histoire les jeunes ont décidé de mélanger les références. Hannsel et Gretel avec les Men In Black avec Dupont et Dupond et Manon et Paola avec la Belle au Bois Dormant sans oublier le Grand Méchant Loup.

On voit ici que le travail effectué depuis des mois s’intrique pour se déployer à différents niveaux et que travailler sur un domaine constitue le prétexte pour explorer d’autres champs pouvant être en relation. Une activité se déployant autour de la BD peut permettre d’aborder l’avenir professionnel, un avenir imminent pour certains jeunes, et de bien différencier le rêve et le possible. Ils sont alors amenés à réfléchir sur la notion de métier de rêve et de métier possible en milieu protégé ou pas et commencer de réfléchir à différents lieux de stages. Pour cela certains vendredis ils se rendent dans des institutions pour les visiter. Ainsi, à L’ESAT La Montagne ils ont pu voir que différents métiers sont proposés en milieu protégé : Palefrenier, menuiserie, horticulture, relieur ... et même une troupe de comédiens avec le théâtre du Crystal.


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Maira Gall