mardi 11 septembre 2018

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #7 : LES ANNEES 70


En 1969, une partie de l’externat se transforme en Hôpital de Jour afin d’accueillir des enfants présentant des troubles graves de la personnalité. Un médecin chef est nommé pour assurer la direction de ce nouveau service.

C’est aussi, à cette époque et jusqu’en 1973 que la Mayotte héberge un Centre Médico-Psycho-Pédagogique (CMPP). Cette structure n’existait pas dans le secteur. La Mayotte prête des locaux en attendant que cette structure puisse investir ses locaux en construction prés de la gare d’Ermont-Eaubonne.

Pour répondre à une circulaire de 1957 faisant obligation aux établissements de maintenir le contact pendant 3 ans avec les anciens, est organisé un service de soins à domicile permettant de suivre les enfants après leur sortie.

Dans le même temps, la Psychanalyse et la Pédagogie Institutionnelle deviennent les références communes de la Mayotte.

Un rond général est institué. Il a lieu chaque mardi de 21h à 23h. Il réunit l’ensemble du personnel pédagogique autour du directeur général et des directeurs pédagogiques de l’internat et de l’externat.

La réunion de synthèse devient un outil privilégié. C’est le lieu où s’élaborent les hypothèses de travail, où se formulent les suggestions médico-psycho-pédagogique.

Les équipes de sport participent de plus en plus à des loisirs à l’extérieur et remportent de vifs succès. Les ateliers produisent des chefs d’œuvre. L’atelier menuiserie bouillonne d’idées et de créations. Un atelier d’imprimerie, équipé pour l’impression offset, est animé par un instituteur. Des groupes pratiquent le jeu dramatique.

Les années 70 sont également marquées par le départ en retraite de Fernand Cortez, le père fondateur. Il quitte la direction générale, et René Laborie, le directeur pédagogique, devient directeur général pour quelques années avant de partir, à son tour, en 1978. Ce double départ signe la fin d’une époque.

mardi 17 juillet 2018

Les 70 ans de La Mutuelle La Mayotte.

Voici le programme de la journée du 14 Septembre 2018
où l'on fêtera les 70 ans de La Mutuelle La Mayotte :



Une rencontre avec les représentants du défenseur des droits.


Le 19 juin a eu lieu, à la Mayotte, une rencontre entre des enfants, des parents, des professionnels et l’équipe du défenseur des droits (plus d’infos en cliquant ICI), représenté par M Nicolas Blanc, pour une matinée d’échange autour des parcours et de l’évaluation des droits en ITEP.

Cette rencontre faisait écho à la participation de jeunes de la Mayotte, le jeudi précédent, à un rallye organisé dans le cadre du projet JADE (Jeune Ambassadeurs des Droits auprès des Enfants). Ce rallye proposait des questions pédagogiques abordant les droits de l’enfant autour de thématiques essentielles, guerre, expression, famille loisir et santé … « un jeu de cartes sur ce qu’on a le droit et pas le droit de faire » commente Noah, jeune modérateur de cette table ronde.

En préambule, M Blanc a tout d’abord rappelé l’indépendance de l’instance qu’est le défenseur des droits, notamment au regard des problématiques de droit en santé mentale.

Les parents présents ont eu l’occasion de pouvoir exprimer la manière dont ils vivent le parcours de leurs enfants, entre milieu ordinaire et institutions spécialisées, nous retenons de leur témoignage  :

« Je n’étais pas d’accord. A l’école, on manquait d’infos et d’explications. J’avais l’impression de ne pas avoir le choix. Mais avec le temps, l’encadrement à l’ITEP vient comme un soulagement, on prend du recul. »

« Au début, on est perdu dans un labyrinthe de sigles, on ne sait pas trop ce qui est fait ici. On a du mal à faire confiance. Mon enfant avait du mal à dire ce qu’il ressentait. »
Au fil des échanges, les parents pointent le manque de temps et d’information, et décrivent le manque de communication coordonnées avec les intervenant de l’éducation nationale « qui voient les choses et interviennent de loin. Il y a beaucoup d’acteurs, mais cela manque de liant à l’école ».

En ce qui concerne l’ITEP, ils disent : « J’ai l’impression de trop solliciter les équipes. Pour moi, même un rendez-vous téléphonique est important. Cela m’aide à savoir où on en est, et comment nous comporter. Nous aussi on a besoin d’encouragements pour progresser. »

Pour les parents, l’instruction scolaire est primordiale, avec une peur d’une prise de retard trop importante.

Puis les jeunes prennent la parole, sans langue de bois, et parlent des problèmes rencontrés en milieu ordinaire avant d’arriver à la Mayotte. Ils expriment aussi clairement que les adultes restent pour eux les référents primordiaux en matière d’accès au droit : infirmier, policier, éducateurs …

A la question « comment est-ce qu’on arrive ici ? », plusieurs points communs reviennent : bagarres, colère, exclusions à répétition, déscolarisation …  

 « Je me sentais bien à l’école, mais sans mon traitement, je me défoulais ».

« Quand je suis arrivé à la Mayotte, je l’ai vécu comme un renvoi, on ne m’a pas donné d’explication. Mais maintenant ça se passe bien entre le temps à la Mayotte et le collège. » 

«En apprenant à gérer nos émotions, on gagne en maturité. »

Les jeunes sont les premiers à questionner et à vouloir s’emparer du projet d’orientation :
« J’ai un projet, je ne suis pas là pour rien, ça compte l’orientation. »

« On fini par comprendre qu’être rejeté de l’école, ce n’est pas une maladie. »

Ces échanges ont permis à  M François Delacourt, directeur de la Mayotte, d’apporter des précisions concernant la durée du temps de parcours, et la volonté de favoriser l’inclusion en milieu ordinaire.

« En moyenne, nous accompagnons un enfant 3 ans. Mais en évitant les ruptures brutales, pour ne pas vivre les allers-retours ou l’orientation en ITEP comme un rejet. »    

Enfin, les enfants ont montré toute l’importance des dispositifs de pédagogie institutionnelle, en particulier les « ronds » qui permettent aux enfants et aux équipes de discuter ensemble de la vie du fonctionnement des groupes, mais aussi du rôle des délégués : « dire la vérité, associer les jeunes qui ne sont pas là tout le temps et montrer l’exemple ».

mardi 26 juin 2018

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #6 : LA CREATION D'UN EXTERNAT


Alors qu’au court des années 60 La Mayotte atteint un certain équilibre, les idées concernant l’accueil des enfants en difficulté évoluent. L’internat reste un outil d’accompagnement tout à fait adapté, mais des questions émergent : Séparer l’enfant de sa famille est-il le meilleur moyen de le réconcilier avec celle-ci ? Comment depuis l’internat favoriser la réadaptation aux structures scolaires et professionnelles.

Dans ce contexte, l’idée d’un externat conçus pour faciliter la scolarité fait son chemin. La Mayotte possédant un parc suffisamment grand il devient naturel d’envisager sa construction à l’intention de la même catégorie d’enfants, recrutés dans un rayon de 20 km.

L’internat bénéficiera indirectement de cette création qui suppose une extension des locaux scolaire et la création de classe-ateliers permettant une première initiation professionnelle, des salles à manger, des bureaux, des logements. Il est également prévu de construire un gymnase et d’agrandir la cuisine.

Il est prévu d’accueillir dans ce nouvel établissement 80 enfants en internat et 120 en demi-internat, ce qui suppose une augmentation importante du personnel : Educateurs, enseignants, psychologues, médecins, personnel de service, personnel administratif. Un poste d’assistante sociale est également crée. Au total, pour environ 200 enfants, on compte 130 adultes.

La construction dure deux ans, de 1962 à 1964. Fernand Cortez et René Laborie jouent un rôle déterminant pour la création de ce nouveau dispositif et les porte de l’externat ouvrent en 1964.

La mutation de l’établissement et la mise en place d’une nouvelle organisation ajouté à l’augmentation du personnel conjugué aux réformes scolaires qui se mettent en place, correspondent à l’évolution pédagogique et thérapeutique et lors de ces années, encore et toujours la Mayotte s’adapte, se questionne, s’agrandie.

mardi 19 juin 2018

Les Albatros sur les routes du Val d’Oise.


Ils ont relevé le défi, ils sont repartis sur les routes pour la traditionnelle Ronde du Val d’Oise. Les Albatros, au retour de ce périple qui s’est tenu entre le 25 mai et le 2 juin nous racontent en images un moment d’effort et de partage. Des moments inoubliables.






lundi 11 juin 2018

Ouverture du PCPE La Mayotte – HEVEA.


En juin 2014, le rapport de Denis Piveteau intitulé « zéro sans solution » est initiateur de la RAPT : « Réponse Accompagnée Pour Tous ». Dans ce contexte, les Agences Régionales de Santé (ARS) ont lancé des appels à projets afin de créer pour chaque département un PCPE : Pôle de Compétences et Prestations Externalisées.

L’Association HEVEA et La Mutuelle La Mayotte portent conjointement la mise en place de celui du Val d’Oise, principalement localisé sur le site de Montlignon. Le PCPE est organisé d’une équipe de deux éducatrices spécialisées Laurence et Elsa, d’une infirmière Salomé, d’une psychologue Leslie et d’une secrétaire Noémie, encadrées par le coordinateur du pôle Salim Berradi. Il sera ouvert 262 jours par an avec une amplitude horaire de 8h à 20h en semaine et de 8h à 15h le samedi. Le Pôle pourra accompagner jusqu’à 40 personnes pendant une durée de 24 mois, toujours dans l’objectif d’atteindre l’orientation cible de la MDPH. Celle-ci se définissant par l’orientation notifiée par l’équipe du service d’évaluation de la MDPH mais qui n’est pas effective.

Le PCPE a vocation à répondre à des situations critiques et/ou en rupture d’accompagnement. Le dispositif ne propose pas d’accompagnement pérenne mais plutôt des prestations directes à l’enfant ou l’adulte en situation de handicap, dans l’attente de la réalisation de l’orientation cible de la MDPH. Les ambitions  sont centrées sur la mise en œuvre renforcée du Projet d’Accompagnement Global avec l’intervention coordonnée des professionnels du PCPE, des partenaires et des professionnels d’exercice libéral. Pour les situations complexes, le besoin de mettre en œuvre une réponse ad hoc mixant les dispositifs de façon à ce que chacun offre une partie de la réponse. Pour les personnes inscrites sur liste d’attente, il est nécessaire de construire une réponse mobilisant différents dispositifs dans l’attente de l’admission cible par un partenaire.  

Nos principaux objectifs pourront être de soutenir des interventions déjà existantes, de maintenir à domicile dans une démarche d’inclusion, d’accompagner à domicile et/ou en institution, d’anticiper et prévenir les situations de rupture de parcours, de gérer les transitions, de soutenir et guider les familles, de renforcer et valoriser les savoir-faire des proches aidants. 

Plus concrètement, lors d’une situation complexe la CDAPH instruit et étudie la demande de la personne handicapée. La notification MDPH, lorsque cela est jugé pertinent, oriente vers le PCPE. Le coordinateur du Pôle prend contact pour contractualiser le début de l’accompagnement. Ainsi, l’équipe interdisciplinaire peut commencer son évaluation des besoins et construire un Projet Personnalisé d’Accompagnement (PPA) qui viendra formaliser les prestations mises en place. Il s’agira de proposer, directement ou grâce aux partenaires et professionnels libéraux, 2 à 3 actes par semaines par personne accompagnée. L’ouverture effective ayant eu lieu le 12 février 2018, les premières orientations officielles de la  MDPH ont eu lieu et les admissions sont en cours.

L'équipe du PCPE devant ses locaux sur le site de Montlignon.


mardi 5 juin 2018

FEUILLETON HISTORIQUE, LES 70 ANS DE LA MAYOTTE #5 : LE THERAPEUTIQUE


A revisiter l’histoire de La Mayotte telle que nous la relate Robert Commin, nous voyons que les grandes orientations de soins et d’accompagnement auprès des enfants, telles qu’elles sont développées actuellement, étaient en germe et explorées il y a de cela quelques décennies. Nous réalisons, entre autre, que l’aspect thérapeutique de la prise en charge, est déjà, à la fin des années 50, largement investi.

En 1959 viennent à la Mayotte : 2 psychiatres pour effectuer 6 vacations d’une ½ journée par semaine, 1 pédiatre, 2 psychomotriciens, 1 orthophoniste et 2 psychologues. Ils reçoivent les enfants individuellement ou en petit groupe pendant les heures de classe ou lors des activités manuelles ou physiques. Durant les années 50, les psychologues utilisent beaucoup les tests de niveau d’efficience, plus rarement des tests projectifs. Ils se défendent d’une interprétation seulement fondée sur le résultat chiffré. Ils analysent longuement l’attitude de l’enfant devant les taches proposées pour ensuite comparer les comportements à quelques mois d’intervalle. Les entretiens individuels proposés par le psychologue sont de deux types.  Aux entretiens de contrôle s’ajoutent pour quelques enfants des psychothérapies systématiques.

Il est également observé que beaucoup d’enfant souffrent de «dysfonctionnement de la réalisation motrice ».  La plupart bénéficient donc d’un suivi en psychomotricité. La séance s’adresse à de petits groupes de 4 ou 5 enfants et dure 45 minutes. Elle comporte des exercices variés : Relaxation, agilité, coordination, équilibre, représentation et structuration spatio-temporelle.

L’orthophonie est individuelle. Elle est proche du travail scolaire habituel. Elle permet de débloquer des situations complexes au niveau des apprentissages nécessitant une approche spécifique.

Le médecin pédiatre, quand à lui, joue un rôle important dans l’établissement, mais reste à l’écart de la vie collective. Il se réclame de la médecine constitutionnelle.  Il recherche les dysfonctionnements neuro-hormonaux, les retards de croissance, pour évaluer leur incidence dans la formation des troubles du comportement.

Le rôle et la place du médecin psychiatre sont importants, mais suscitent parfois de l’inquiétude auprès des enfants qui sont reçus à leur arrivée, puis 2 où trois fois au court de l’année. Il peut proposer à certains enfants des traitements médicamenteux. Les traitements sont discutés en réunion de synthèse. Réunion à laquelle assiste le pôle thérapeutique. C’est une instance interdisciplinaire.  Elle permet de verbaliser ce que chacun pense et observe d’un enfant.

Dans les années 60 La Mayotte est devenu ce lieu où toutes les personnes qui participent à l’éducation, la scolarité, la thérapie et la santé de l’enfant conjuguent leurs savoirs, leur savoir faire et leur expérience spécifique en fonction de leur champ d’action afin de lui proposer un panel varié de réponses visant essentiellement à l’aider.

En quinze ans, entre 1948 et 1963, une maison d’enfant destinée à héberger provisoirement des enfants victimes de la guerre s’est métamorphosé en centre de Rééducation Médico-Pédagogique à l’intention d’une population dont les caractéristiques se sont dégagées progressivement de l’expérience conjointe de tous les professionnels.

© Le blog de la Mayotte
Maira Gall