mardi 15 septembre 2020

Portrait Mayotte : Arnaud.



Arnaud c’est Le maître, le Master. Il y a cette rigueur, cette certitude, ce pouvoir qui s’appuie sur l’évidence même de savoir qui on est, et pourquoi, sans défection possible. Arnaud explique simplement, calmement, avec distance et résolution que d’être bon dans ce qu’on fait n’est pas si simple, mais qu’il est important de le reconnaître et de l’accepter, pour soi et pour les autres :

"Je suis arrivé sur La Mayotte en juillet 2015, pour un séjour. Je remplaçais Pierre-Alain qui s’était cassé le 5 ème Métatarse du pied. Une expérience assez ... incroyable ... qui me prépara pour la rentrée suivante. Cette première rencontre avec les enfants me donna les bases du type de relation à tisser à l’avenir et quels besoins étaient les leurs.

Depuis que j’avais passé le concours, je voulais travailler avec des enfants ayant des besoins particuliers. Ce que j’aime avec eux, c’est qu’ils sont tous différents à leur manière. Ils sont d’une richesse incroyable. Il y a quelque chose d’incroyable en eux.

Avec mes élèves je mets principalement l’accent sur le sentiment de compétence, la relation à l’adulte, l’accompagnement didactique, la valorisation, la métacognition, c'est-à-dire savoir qu’on peut appendre. C’est une dimension essentielle de mon action avec eux. En effet comment entrer dans les apprentissages si on est persuadé ne pas pouvoir y arriver. Je dois ouvrir ce possible en eux et leur démontrer qu’ils le peuvent, qu’ils ont cette capacité, cette ressource.

Cette année j’étais en formation CAPPEI (Le certificat d'aptitude professionnelle aux pratiques de l'éducation inclusive). Parce que je déploie un vif intérêt pour le sport, tous les sports, j’ai décidé que mon sujet serait : «L’EPS facteur favorisant le sentiment de compétence et le retour vers les apprentissages ?»

L’année prochaine j’occuperai le poste d’enseignant référent de scolarisation. Ce poste consiste à organiser des ESS (Equipes de Suivi de la Scolarisation), à mettre en lien les familles, les établissements avec les structures d’aide comme la MDPH. Il s’agit également de faire des recrutements AESH. Pour le dire simplement, je vais accompagner des élèves en situation de handicap sur leur parcours, de la maternelle au lycée.

Quelques souvenirs sur mon passage ici : Ma première chasse aux Kroumphs, le rire de Marvin, avoir 14 élèves concentrés dans une même classe, le Phoenix et la co-intervention avec Gilles. Nous voulions tenter cette expérience de proposer un co-enseignement sur la littérature, en particulier sur le conte et sa structure. Les élèves, en présence de deux professeurs dans la même classe, sont sollicités différemment. Cela permet des interactions qui casse la relation enseignant-enseigné parfois rigide et unilatérale. En se retrouvant avec deux enseignants portant le même projet les élèves ont d’avantages de réponses à ce qui les questionne ou ce sur quoi ils achoppent. Deux enseignants n’ont pas les mêmes mots, les mêmes gestes et cela donne d’autant de solutions.

Un tableau, une image, une œuvre d’art qui pourrait me représenter? Le penseur de Rodin, sans hésitation."

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Maira Gall